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Club de Danse du Chablais

Le Guépard (Il Gattopardo) est un roman posthume du prince Giuseppe Tomasi di Lampedusa Giuseppe, paru en 1958. Il y trace la vie de Don Fabrice Salina, un prince sicilien au milieu des tourments révolutionnaires italiens du Risorgimento. Mais c'est surtout l'histoire de la Sicile et de la transition entre un ordre ancien et un nouvel ordre.

Le Guépard fut repris au cinéma par Luchino Visconti en 1963.

L'action se passe en Sicile, dans les années 1861-1863. Lors du débarquement de l'armée de Garibaldi à Palerme, le prince de Salina quitte son domaine avec sa famille, pour son palais de villégiature dans le village de Donnafugata. Comprenant que les jours de la féodalité sont passés, il assure le mariage de son neveu Tancrède avec la fille du riche maire libéral de Donnafugata, Don Calogero.

À travers une fresque où la reconstitution historique est minutieuse et esthétique, Visconti dissèque sans nostalgie inutile, la mutation du monde féodal et rural vers une société moderne et républicaine.

Le film décrit la chute de l'aristocratie italienne, dont la scène du bal (qui dure 45 minutes) donne la clé.

La musique du film

Nino Rota avait écrit la musique bien avant le début du tournage. Il reprit le thème du troisième mouvement de la Sinfonia sopra una canzone d'amore quil avait composée en 1947 et déjà utilisée dans la bande sonore du film d'Henry Cass La Montagne de cristal (1948). La célèbre scène du bal au Palais Ponteleone n'avait pas non plus été composée expressément pour le film, puisque le thème central se fondait sur une composition inédite de Giuseppe Verdi (une valse brillante dédiée à la comtesse de Maffei dont le manuscrit original était tombé dans les mains de Visconti). Le reste de la musique de danse avait déjà été utilisée dans la bande sonore du film de Giacom Gentilomo, Appassionatamente (1954). Nino Rota expliqua lui-même que Le Guépard de Visconti avait été, dans toute sa carrière, l'unique cas de film pour lequel la musique proposée avait été entièrement acceptée et enregistrée avant les prises de vue.

Extrait du roman

"- Prince, déclara Angélique, on nous a dit que vous étiez ici; nous sommes venus nous reposer, mais aussi vous demander quelque chose; j'espère que vous ne me le refuserez pas.

Ses yeu riaient de malice, sa main se posait sur la manche de don Fabrice :

- Je voulais vous demander de danser avec moi la prochaine mazurka. Dites oui, ne soyez pas méchant, on sait que vous êtiez un merveilleux danseur.

Le Prince fut ravi et se senti tout ragaillardi : il s'agissait bien de la crypte des Capucins ! Ses joues velues frémirent de contentement. La mazurka l'effrayait pourtant un peu : cette danse militaire, toute en battements de pieds et en pirouettes, n'était plus faite pour ses jointures. S'agenouiller devant Angélique serait un plaisir; mais si ensuite il peinait pour se relever ?

- Merci, ma fille, tu me rajeunis. Je serais heureux de t'obéir, mais pas pour la mazurka. Accorde-moi la première valse."

Le Guépard, G. Tomasi di Lampedusa